Des domaines à explorer

Le plus souvent, c’est lorsqu’il ya des usages malveillants ou malheureux qu’il apparaît urgent de faire quelque chose et c’est bien souvent par l’aspect « risque » quand ce n’est pas par celui de la « peur » que les questions sont abordées. Il paraît tout aussi important de développer un travail éducatif autour d’autres domaines.

En voici quelques-uns :

Le droit à l'image

Avec le numérique, l'image est reine.
D'un point de vue technique peu de contraintes limitent la prise et la construction d'images : on peut prendre des photos partout, instantanément, à l'aide de nombreux outils.

On peut effacer comme on le souhaite ces photos, et les capacités de stockage se comptent en "giga". De plus, les modifications de photos sont à la portée de tous et de multiples logiciels gratuits sont disponibles.

Photographier est un acte à ce point courant qu'il est devenu pour certains presque un réflexe. Ces photographies peuvent être immédiatement accessibles à un maximum de personnes par le biais des réseaux sociaux, ce qui est d'ailleurs largement encouragé par les producteurs d'outils numériques.

Cette banalisation et cette disponibilité immédiate de l'image, ne posent-elles pas la question du statut de l'image de la personne et de sa propriété ?

Développer l'esprit critique

Sur internet, il est possible de trouver "tout et son contraire".

Les moteurs de recherche fonctionnent tous sur le modèle de la "googlelisation", qui repose sur l'indice de popularité des pages web : plus une page est référencée, plus elle apparaît en meilleure place. L'utilisateur non averti se pose-t-il la question de la pertinence de ce qui apparaît comme le plus rapidement accessible ? Identifie-t-il facilement la source puisque peuvent apparaître pêle-mêle des informations issues de la presse, d'un blog, d'un extrait de livre écrit par un spécialiste, d'un article rédigé par un inconnu, d'un site commercial ou d'une encyclopédie validée par un comité scientifique ?

L'information n'est ni triée, ni hiérarchisée en fonction de sa pertinence et de sa véracité, tout apparaît sur le net comme une sorte de "Vérité". Par conséquent c'est à chacun de débusquer les erreurs, de développer une posture critique en sachant chercher, comparer, identifier et croiser les sources.
Cela s'apprend...

Transférer les règles du vivre ensemble dans le monde numérique

Dans la vraie vie, comme on dit, le vivre ensemble est régi par des règles, par des lois.

Le fait d'être derrière un écran nous donne souvent l'impression d'être dans un autre univers. Mais ce monde est bien partagé et des règles de vivre ensemble doivent être nécessaires également dans le monde du numérique. Pourquoi seraient-elles fondamentalement différentes ? Le vol, l'injure, le harcèlement... sont autant répréhensibles sur le net qu'ailleurs.

Une travail d'éducation spécifique pourrait aider les utilisateurs à transférer dans leurs usages d'internet les règles et les lois qui régissent la vie en société. L'écran ne dévrait pas faire écran aux règles et aux lois.

NB : Certains jeux transgressent hardiment les règles de la "vraie vie" mais c'est bien parce que "c'est pour jouer" et donc pas "pour de vrai"

Utiliser l'application adaptée à l'usage attendu

Avec le développement des technologies numériques et vu les bénéfices énormes qu'ils peuvent en tirer, tous les créateurs de sites proposent des fonctions toujours plus diverses afin de capter au maximum leurs utilisateurs : forum, messagerie, stockage et diffusion de photos, accès aux réseaux sociaux, moteurs de recherche... Cela permet à l'utilisateur de passer de l'une à l'autre juste en pointant l'index.

Il peut ainsi glisser d'un espace privé (messagerie) à un espace public (mur de réseau social) sans vraiment s'en rendre compte. Par exemple, il est très simple d'envoyer une photo via le mur Facebook.

Mais n'existe-t-il pas d'autres applications qui permettent cela ? Le respect de l'intimité vaut bien un clic supplémentaire.

Espace privé / Espace public

Dans un monde matérialisé, en général il est assez facile de repérer ce qui est de l'ordre de l'espace privé et ce qui est de l'ordre de l'espace public et de savoir ce qui peut se faire dans l'un ou l'autre de ces espaces.

Dans le monde numérique, face à l'écran, cela n'est pas tooujours aussi évident. Il est donc important de travailler avec les jeunes utilisateurs pour qu'ils connaissent bien les limites de ces espaces et qu'ils adoptent les comportement adéquats.

Cela implique de redéfinir de nouveaux espaces d'intimité dans le monde numérique.

Laisser des traces dont on n'ait pas à rougir

S'il est important de faire prendre conscience aux utilisateurs d'internet des traces qu'ils laissent dans les espaces numériques et des conséquences que cela peut avoir ultérieurement, ne serait-il pas aussi essentiel de leur apprendre à publier pour ne pas avoir à effacer ?

Les utilisateurs pourraient ainsi veiller à leur e-réputation, c'est-à-dire à l'image qu'ils souhaitent laisser d'eux sur internet.

La trace laissée ne serait alors plus subie. Elle serait choisie.

Penser le numérique comme une géniale caisse à outils du "bidouillage" et de la création (sons, images, effets...)

Avec le numérique, on peut tout faire... ou presque.

La souris ou le doigt sur l'écran digital coupent, collent, déforment, colorient, superposent, composent et recomposent les images et les sons quelquefois plus "vrais" que la réalité. Mais on peut penser que plus les utilisateurs sauront manier tous ces outils de montage et de création, plus ils seront critiques par rapport à ce qu'ils verront et entendront.

Apprendre à réagir face à des images, des propos choquants ou à des agressions numériques

Peuvent apparaître quelquefois sur nos écrans "des choses" peu sympathiques et tombant sous le coup de la loi, qui nous sont directement adressées ou non.

Que faire alors ? Subir et ne rien dire ? Ou bien réagir ? ...

Réagir oui... mais comment ? Et auprès de qui ?

Apprendre à se protéger

Les identités numériques (ou avatars/profils etc...) posent souvent des questions.

Mais après tout, il n'y a là rien de vraiment nouveau. Depuis que l'homme est homme, il sait montrer, en fonction des circonstances et des personnes, différentes facettes de sa personnalité, du plus sérieux au plus facétieux.

L'utilisation de pseudos, d'adresses différentes, réservés pour des usages différents, permet de séparer ses actes sur le web, avec d'un côté ce qui est officiel, public et de l'autre ce qui relève du personnel, du privé.

User mais pas abuser

Le numérique nous permet sans aucun doute d'élargir notre monde. Mais si on prenait aussi le temps d'aller à la rencontre du monde avec nos 5 sens ?

Pourrait-on donner quelques règles pour ne pas se laisser dépasser par le monde des écrans ?